Un V6 Ferrari sous un badge Fiat. Née pour homologuer un moteur de Formule 2, dessinée par Pininfarina et Bertone — la vraie pièce d’histoire Dino que les connaisseurs s’offrent sans payer le blason.
Ouvrez le capot d’une Fiat Dino et vous ne trouverez pas un vulgaire bloc de grande série : c’est un V6 « Dino » conçu chez Ferrari, double arbre, trois carburateurs Weber, qui prend ses tours comme une monoplace. La légende est vraie — et elle a une raison très concrète : Ferrari devait produire vite ce moteur à 500 exemplaires pour courir en Formule 2, et Fiat avait les chaînes. De cet accord est né l’un des secrets les mieux gardés des connaisseurs : une GT au badge modeste, au cœur de Maranello.
Au milieu des années 60, Ferrari a un problème très précis : pour homologuer son nouveau V6 « Dino » 2,0 litres en Formule 2, il faut en produire au moins 500 exemplaires en très peu de temps — bien au-delà de sa capacité industrielle. L’accord avec Fiat permet de construire une GT de grande série équipée de ce moteur : la Fiat Dino, présentée en Spider au Salon de Turin 1966. Le nom rend hommage à Alfredo « Dino » Ferrari, fils d’Enzo, à qui sont dédiés tous les V6 de la marque.
Sportive à moteur avant et propulsion, la Dino existe en deux carrosseries que tout oppose : le Spider deux places signé Pininfarina (dessiné par Filippo Sapino), pur et racé, et le Coupé 2+2 dessiné par Bertone, plus long et plus logeable. Rare est la GT italienne à réunir les signatures de deux grands maîtres sur une même base. Le premier moteur 2,0 L tout aluminium délivre 160 ch à très haut régime, avec le caractère pointu — et un peu fragile — des Ferrari de l’époque.
En 1969, la gamme mûrit avec le V6 2,4 L à bloc fonte, toujours à trois Weber, porté à 180 ch et surtout doté d’un couple bien supérieur : la voiture devient plus souple, plus fiable, plus exploitable au quotidien. Châssis retouchés (empattement allongé du coupé), finition en progrès : les 2400 sont des autos plus abouties que les premières 2000. Produite jusqu’en 1972-73 à environ 7 651 exemplaires (6 068 coupés, 1 583 spiders), longtemps sous-cotée face aux Ferrari Dino 206/246, la Fiat Dino est aujourd’hui recherchée comme l’alternative la plus honnête au mythe Dino — celle qu’on assume sans rougir.
Parce que c’est une vraie pièce de l’histoire Dino : le même V6 que les Ferrari 206/246, un pedigree de Formule 2, deux carrosseries de maîtres, et ce son de V6 à haut régime qui ne ressemble à aucun autre. On roule dans une auto que presque personne ne reconnaît vraiment — et c’est précisément le plaisir : la reconnaissance des seuls initiés.
Et parce qu’à condition de viser une auto conforme (moteur Dino d’origine, matching numbers, périphériques corrects), c’est encore un accès raisonnable au mythe face aux Ferrari Dino. La contrepartie est claire et assumée : un entretien de Ferrari — Weber à synchroniser, refroidissement irréprochable, spécialiste Dino/Ferrari indispensable. Ici, on ne cherche pas la bonne affaire : on cherche la bonne voiture.
Le conseil du connaisseur : la hiérarchie de cote va Coupé 2,0 < Coupé 2,4 < Spider 2,0 < Spider 2,4. Mais avant la version, c’est la conformité mécanique qui compte : un moteur non-Dino ou des Weber bricolés dévalorisent tout. Matching numbers, références moteur et documentation d’origine ne sont pas des options.
| Moteur | V6 Dino Ferrari 65° DOHC, 3 carburateurs Weber — 2,0 L alu (1 988 cm³) puis 2,4 L fonte (2 418 cm³) |
| Puissance | 160 ch (2,0 L) · 180 ch (2,4 L) |
| Couple | ≈ 179 Nm (2,0 L) · ≈ 229 Nm (2,4 L) |
| Transmission | Propulsion, moteur avant |
| Boîte | Manuelle 5 rapports |
| 0 – 100 km/h | ≈ 8 – 9 s selon version |
| Vitesse max | ≈ 200 – 205 km/h |
| Poids | ≈ 1 150 kg (Spider 2,0) à ≈ 1 380 kg (Coupé 2,4) |
| Production | 7 651 exemplaires (6 068 coupés · 1 583 spiders) |
Tout se joue sur la version (Spider > Coupé, 2,4 > 2,0), la conformité du moteur Dino, la qualité de restauration et l’absence de corrosion structurelle. Une auto non conforme (moteur remplacé, transformations lourdes) se brade et reste un piège. Repères marché Europe :
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Oui. Le V6 « Dino » monté dans la Fiat Dino est le même moteur de base que celui utilisé par Ferrari pour ses Dino de route et de course — un V6 65° double arbre conçu chez Ferrari, produit par Fiat pour atteindre le quota d’homologation en Formule 2. C’est bien une mécanique de Maranello sous un badge Fiat.
La 2.0 utilise un V6 tout aluminium de 160 ch, très pointu, hérité du premier moteur Dino de F2. La 2.4 adopte un bloc fonte porté à 180 ch, avec plus de couple, une meilleure fiabilité, des réglages de châssis retouchés et (sur le coupé) un empattement allongé : plus facile à vivre au quotidien.
7 651 exemplaires au total : 1 163 Spider 2,0, 420 Spider 2,4, 3 670 Coupé 2,0 et 2 398 Coupé 2,4. Les Spider 2400, à seulement 420 unités, sont les plus rares et les plus recherchés.
Fiable si le moteur Dino est entretenu par des spécialistes et si le refroidissement est parfait : les 2,4 L à bloc fonte sont plus endurantes que les 2,0 L alu. En revanche, une utilisation négligente ou une restauration approximative coûtent cher (distribution, culasses, carburateurs, corrosion).
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◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia FR — Fiat Dino · Stellantis Heritage — Fiat Dino Spider · AutoEvolution — 1966-1973 Dino: Fiat’s Ferrari V6-Powered Sports Car · AutoZine — Fiat Dino (1966).